Depuis 2012, de graves crises entraînent des bouleversements politiques et géostratégiques dont les issues restent incertaines. Une certitude, le conflit en Ukraine comme les redéfinitions politiques et géopolitiques consécutives aux révolutions arabes, les conflits et menaces terroristes transfrontalières au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne ainsi que l’impasse du processus de paix au Proche-Orient placent l’Union européenne (UE) devant de sérieux défis au regard de son affirmation sur la scène internationale. L’urgence est d’autant plus grande que le pivot asiatique des Etats-Unis accroît l’obligation faites aux Européens d’avoir à assumer davantage le coût de leur sécurité collective. Le Parti socialiste estime plus que jamais nécessaire de contribuer à cette intégration politique qui renforcera l’Union européenne et son action extérieure. Ce quinquennat replace la France au cœur de l’action européenne et internationale, lui rendant ainsi l’influence perdue après des années d’incohérences diplomatiques et de dégradation de son image au cours des quinquennats précédents.

La France est de retour sur la scène internationale 

Le retrait d’Afghanistan des forces combattantes achevé à la fin de l’année 2012 en coordination avec l’OTAN illustra la restauration de l’autonomie stratégique de décision qui est la vocation de la France. Le théâtre afghan s’éloignant et cet engagement de campagne du candidat Hollande sitôt tenu, d’autres menaces à la sécurité globale suscitèrent vite de nouveaux engagements militaires français. 

En Afrique d’abord, c’est à l’appel à l’aide des autorités maliennes confrontées à l’avancée rapide des groupes djihadistes, que répondit le président de la République à la mi-janvier 2013. L’opération Serval permit de stopper cette offensive vers Bamako, de reprendre progressivement le contrôle du nord du Mali avec le soutien des troupes africaines puis onusiennes, puis d’aider à restaurer le dialogue entre Bamako et les groupes Touareg. Dès le 15 mars 2013, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, se trouvait aux côtés des Maliens à Bamako pour accompagner le soutien de la France et évoquer notamment l’après-conflit, dont les élections qui se tiendront l’été suivant. Au vu de la dégradation rapide de la situation en République centrafricaine, des urgences humanitaires qui s’y déclarèrent et du glissement vers un conflit intercommunautaire, voire la perspective d’un génocide, la France obtint l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU pour soutenir dès décembre 2013 les forces d’interposition africaines. L’opération Sangaris permit dès lors de redonner au pays la stabilité nécessaire à l’instauration d’un calendrier de transition politique conduisant à l’organisation d’élections et au redéploiement de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire, grâce également au soutien d’une mission de maintien de la paix de l’ONU. Le Bureau national comme le Secrétariat national du Parti ont consacré plusieurs débats et réflexions au suivi de ces deux conflits.

Ces interventions françaises ont été unanimement saluées pour leur bien-fondé et leur efficacité. Elles marquent un tournant quant à l’approche de la politique africaine de la France. C’est la rupture avec la « Françafrique » promise lors des engagements de la campagne présidentielle de 2012. Lancées à la demande d’autorités légitimes, qu’elles soient nationales ou régionales, ces opérations extérieures ont été accompagnées d’une action diplomatique active de la France au Conseil de sécurité de l’ONU, au sein de l’Union européenne et auprès de l’Union africaine afin de préparer à la fois le cadre juridique des interventions mais aussi l’avenir de ces pays. C’est là une différence majeure avec les interventions françaises du passé qui nourrissaient, trop souvent légitimement, des soupçons de néocolonialisme.

Le Parti socialiste accompagne les forces progressistes dans le monde

Dès octobre 2012, le Sommet de la francophonie tenu à Kinshasa était l’occasion de signifier le changement de ton de la politique africaine de la France. Dès ce moment, la mise en garde française contre les régimes autoritaires et leur volonté de prolonger leur pouvoir hors des cadres constitutionnels redonna de l’impulsion aux forces démocratiques et pacifiques. Le Sommet de la francophonie de 2014 à Dakar confirma cette orientation.

La politique de Développement a été réorganisée également à cette intention. Le développement de la francophonie entraine l’affirmation et la promotion d’un espace économique francophone. Début décembre 2014 , le Parti fut représenté au premier Forum économique de la francophonie par la Secrétaire nationale adjointe à la francophonie, Rita Maalouf. Le triptyque Démocratie, Développement, Sécurité, autour des principes de Solidarité de Transparence et de Respect mutuel, caractérise désormais la relation de la France avec l’Afrique après des décennies de pratiques et de partenariats obscurs. 

Nous, socialistes français échangeons régulièrement avec nos partenaires africains sur nos combats et  défis communs. Ainsi, ce fut le cas en décembre 2013, à l’occasion du séminaire de la Fondation Jean Jaurès, organisé en marge du Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique de l’Elysée. Ce séminaire rassembla des dirigeants au pouvoir ou dans l’opposition aux côtés du premier secrétaire Harlem Désir et du secrétaire national à l’international et à l’Europe d’alors, vice-président du Parti socialiste européen (PSE), Jean-Christophe Cambadélis. Depuis avril 2014, le Secrétaire national à l’international, Jean-Marc Germain, a eu, à son tour, l’occasion de rencontrer plusieurs fois les représentants des forces pour l’alternance en Afrique et de leur confirmer le soutien du Parti socialiste dans leur combat contre des régimes autoritaires qui tentent de se maintenir au pouvoir.

Le pôle porte une attention particulière au suivi des révolutions arabes, à leurs évolutions différenciées au Maghreb au Moyen-Orient, aux jeux d’influence et de concurrences déstabilisatrices des pays « piliers du Moyen-Orient ». Dans ces pays ; qu’ils soient sur la voie d’une transition démocratique réalisée mais encore fragile comme en Tunisie, ou frappés par la restauration d’une forme d’autoritarisme comme en Egypte, que le processus de transition y soit arrêté avec un retour au conflit comme au Yémen, au chaos comme en Libye, ou à la guerre comme en Syrie et en Irak, le Parti socialiste a maintenu ses liens anciens et ses contacts avec de nombreux démocrates, dont bon nombre seront présents au Congrès de Poitiers. 

Plus généralement, comme c’est le cas également pour les partis africains et d’Amérique latine, le Parti socialiste entretient des relations régulières avec de nombreux partis arabes et kurdes à travers l’Internationale socialiste (IS). Le Parti socialiste, avec le PSE, a encouragé la fondation par nos camarades égyptiens, palestiniens et tunisiens du Forum social-démocrate arabe. La présence au Caire pour cet événement, en janvier 2013, de celui qui était à ce moment Secrétaire national à l’International et à l’Europe, Jean-Christophe Cambadélis, témoigna de ce soutien. Deux ans plus tard, en mars 2015, le Secrétaire national à l’Europe et Président de la Task Force « Monde arabe » du PSE, Philip Cordery, et la Secrétaire nationale à l’Immigration et au co-développement, Sandrine Mazetier, confirmèrent à Tunis les liens unissant le Parti socialiste aux forces progressistes arabes. Les initiatives et les déplacements sur place du Secrétaire national aux relations nord-sud, l’eurodéputé, Gilles Pargneaux, ainsi que de Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, Secrétaire national à la Francophonie et aux transitions démocratiques jusqu’en avril 2014, ont largement contribué à la construction de ces relations de confiance. Tout cela participe à l’établissement d’un dialogue rénové euro-méditerranéen plus nécessaire que jamais après les bouleversements entamés en 2011 et dont les conséquences rythment ce quinquennat.

Les grandes préoccupations de l’époque

Au-delà des questions internationales, européennes et de Défense, des problématiques du Développement, de l’Immigration et de la Francophonie – qui sont traitées au quotidien à travers des notes, des communiqués, la préparation de séminaires, de groupes de travail ou d’ateliers lors des universités d’été de La Rochelle, le pôle s’est saisi également de sujets centraux –transnationaux, tels que la Conférence internationale climatique. Ainsi, le Parti organisera un séminaire européen en octobre 2015 qui doit se conclure par une déclaration commune des forces progressistes d’Europe.

Le pôle est également mobilisé sur la question de l’attractivité et de l’influence de la France, à travers les initiatives et travaux conduits par Hélène Conway-Mouret, la Secrétaire nationale adjointe chargée du rayonnement et de l’influence de la France dans le monde, nommée au cours de l’année 2014.

Mais, en cette période, la lutte contre le terrorisme a pris indéniablement une place majeure dans nos préoccupations. En Afrique et au Moyen-Orient, la France est à l’action avec ses partenaires contre les groupes terroristes présents dans la bande sahélo-saharienne, elle participe à la campagne internationale de bombardements contre Daesh en Irak et soutient la résistance démocratique syrienne. Suite aux attentats des 7 au 9 janvier 2015 à Paris, le Parti socialiste a travaillé à l’élaboration de propositions d’action au niveau européen, en lien avec les eurodéputés socialistes français, en prenant soin de conjurer les conservatismes tentés d’écorner les cadres structurant les libertés fondamentales.

Toujours plus d’Europe

La réorientation de l’Europe est un des axess mobilisant le Parti dans tous ses secteurs d’activité. De ce point de vue, le pôle s’efforce de permettre la participation du Parti dans son ensemble aux différents réseaux thématiques du PSE, sur les questions économiques, la démocratie, l’Europe de la Défense. Didier Boulaud,, alors Secrétaire national chargé de la défense, puis son successeur, Eduardo Rihan-Cypel, ont incité le PSE à réunir plusieurs fois les partis membres pour débattre de la Défense européenne. 

Les élections européennes de 2014 ont permis aux sociaux-démocrates européens et à leur candidat commun, Martin Schulz, de mener une campagne continentale en vue de réorienter l’Europe. Les axes de cette réorientation avaient été fixés lors d’une Convention nationale Europe du Parti socialiste réuni le 16 juin 2013. Le Parti socialiste s’est donc investi avec l’ensemble des partis sociaux-démocrates européens pour porter un autre projet politique pour l’Europe, fondé sur la solidarité et la croissance. Le mémorandum « Lutter contre la déflation en Europe » adopté en novembre 2014 par le Bureau national établit nos positions sur la croissance nécessaire et a servi de point d’appui à nos partenaires européens.

Plus généralement, le Parti socialiste aborde les questions européennes dans la pluralité des dimensions de la construction de l’UE : politique, économique, diplomatique. Outre l’analyse critique portée sur l’UE, le Parti a souhaité mettre en valeur les progrès enregistrés dans sa réorientation, de même que le rôle de la France et de la relation franco-allemande dans cette évolution. Ainsi, les réunions du réseau de politique étrangère du PSE, intégrant ministres et eurodéputés, permettent de nombreux échanges utiles notamment sur les grandes crises, les questions relatives à la stagnation du processus de paix au Proche-Orient, le respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit, de la politique de voisinage et d’intégration de l’Union européenne. Ces rencontres favorisent la connaissance réciproque des perceptions propres à chacun des partis. Elles renforcent l’affirmation d’une voix commune socialiste et progressiste en Europe.