Contribution Générale

Vers une République éco-citoyenne.

Comment le respect de l'autre se confond avec l'urgence écologique

Il est de bon ton pour certains éditorialistes de prédire la mort des partis politiques, et en l’occurrence celle du Parti Socialiste. Ces discours visent à apeurer les citoyens en les leurrant sur la finalité de l’engagement sociétal, et en encourageant des comportements prétendument apolitiques qui servent au final les intérêts des populismes. Trop souvent la pensée dominante au sein de l’organisation du PS portait sur la recherche à tout prix du consensus, cette analyse a conduit au refus de la hiérarchie des priorités sociales et économiques.
Quel sens donnons-nous au Socialisme?
Si ce n’est d’emblée un idéal au service de la sauvegarde des principes qui fondent notre République et de la promotion des valeurs républicaines de justice, d’égalité et de fraternité. "Sans la République, le Socialisme est impuissant, sans le Socialisme, la République est vide", disait Jean JAURES.
Le Socialisme est une éthique. Non seulement il s’agit, en référence à une expression fameuse de « dire ce qu’on fait et de faire ce qu’on dit », mais aussi et surtout de moraliser la vie publique.
Le Socialisme est une remise en cause du productivisme. La production n’est pas notre objectif premier. La société de consommation fait tourner l’économie, qui assure des salaires aux différents acteurs, ceux qui produisent, transportent, vendent..., salaires qui en font des consommateurs, qui font des rentrées fiscales etc. La société de consommation est garante de l’innovation technologique.
Etre socialiste au XXIème siècle c’est tracer une nouvelle voie, celle d’une République éco- citoyenne dans laquelle, le respect de l’autre se confond avec les notions de préservation et de transmission du capital environnemental, au sein de laquelle l’écologie prendra une part très importante dans l’économie, transformer, consommer, recycler devant être les trois piliers de cette nouvelle croissance.
Etre socialiste, c’est naturellement placer l’humain au cœur du projet de société, lutter contre les inégalités, détecter les talents et promouvoir l’éducation, la culture, … .
Etre socialiste enfin, c’est défendre l’écologie, économiser les matières premières et réintroduire une qualité de vie dans toutes les relations sociales. L’écologie se confond avec le Socialisme à travers la réalisation du progrès humain. Il sera nécessaire, parfois, de renoncer au profit immédiat et individuel, en faveur de l’efficacité à long terme.
L’occasion nous est donc offerte de reconstruire une utopie, sociale et politique en retissant cette confiance tant attendue par ceux-là même qui se sont détournés de la politique, voilà l’ambition du socialisme. Une idée moderne abimée par trop de renoncements à la mettre en œuvre.
Il est temps de lui redonner ses lettres de noblesse.
Il est temps de redire que le socialisme est une idée généreuse dont le principe central est de redistribuer à chacun selon ses besoins.
Ce socialisme écologique est à notre portée. Il est notre seul espoir pour construire la République du XXIème siècle.


I/ L’éco-socialisme, porteur d’avenir !

Le socialisme porte depuis son origine la conscience des crises historiques, des inégalités et des menaces, ainsi que l’espérance d’un monde meilleur. Cette vocation ne peut aujourd’hui être réaffirmée sans intégrer au cœur de notre logiciel l’écologie politique. Mouvement des marges politiques, elle s’est imposée comme une problématique centrale pour le siècle qui s’ouvre, répondant aux dérégulations du climat et aux menaces sur la vie, aux errements de l’économie mondialisée mais aussi à la crise sociale et citoyenne qui traverse les sociétés occidentales.

A. La crise écologique au cœur de la pensée socialiste

Trois facteurs étroitement liés construisent la crise écologique dont nous ressentons pleinement les effets : le changement climatique, la raréfaction des matières premières et les menaces sur la biodiversité. Ils produisent déjà des effets sensibles en particulier sur les populations les plus fragiles. La crise n’en est toutefois qu’à ses balbutiements, et certainement plus que religieux, le XXIe siècle sera écologique ou ne sera pas.
L’heure n’est plus à s’attarder sur le diagnostic. L’écologie est désormais inscrite au cœur de la doctrine socialiste. Il nous reste à mettre en musique cette position de principe, en construisant notre propre pratique de l’écologie politique, solidaire et progressiste, porteuse de liberté et d’émancipation.

B. La réorganisation écologique des modes de production

Le Parti socialiste a toujours été l’allié des forces productives de notre pays. L’action du Gouvernement depuis bientôt trois ans va d’ailleurs en ce sens : faire confiance aux producteurs, aux salariés comme aux entrepreneurs, pour créer les richesses et les emplois dont notre pays a besoin. Cette alliance renouvelée entre la gauche de progrès et les acteurs économiques de bonne volonté passe nécessairement par l’intégration au cœur de notre doctrine économique de l’écologie politique.
Nous avons devant nous d’immenses chantiers de recherche pour les acteurs économiques et institutionnels qui auront à relever le défi de produire autrement, en utilisant moins de matières premières, en recyclant des déchets jusque-là inexploités, en créant des synergies d’acteurs autour de l’économie circulaire et de l’écologie industrielle.
Un parti politique, pas plus qu’un Gouvernement n’ont vocation à porter seuls la transformation d’un tissu économique. Mais nous devons encourager les initiatives. Trop d’agriculteurs qui aimeraient tester de nouveaux modes de production limitant les intrants par l’association de cultures ou l’utilisation de produits nouveaux sont aujourd’hui stoppés par des réglementations qui encouragent les méthodes traditionnelles, avec le soutien de l’industrie phytosanitaire.

Trop d’acteurs industriels aimeraient réduire leur impact environnemental en testant de nouveaux modes productifs qui sont actuellement proscrits par des normes techniques. Un nouveau monde se dessine, tandis que l’ancien résiste. Dans les batailles économiques, les éco-socialistes se doivent de soutenir ceux qui inventent l’économie sobre en énergie et en matières premières, faiblement génératrice de déchets et non polluante.
L’action publique que nous avons à conduire, si elle doit accompagner les bonnes volontés, ne doit pas s’interdire de sanctionner les mauvaises. Notre effort doit s’amplifier pour réduire l’usage des pesticides (en particulier les plus polluants, les néo-nicotinoïdes), pour encadrer davantage l’usage de substances chimiques incontrôlées, pour stopper à la source la surproduction de déchets qui caractérise notre société d’hyperconsommation.
L’action du Gouvernement autour de l’agro-écologie et de l’économie circulaire montre une voie prometteuse. Le Parti doit accentuer son travail de réflexion et de rencontre avec les acteurs économiques pour saisir cette problématique dans sa globalité et porter des propositions simples et innovantes. C’est dans la mutation écologique de notre économie que se profile le principal gisement de croissance pour les années à venir.

C. L’affirmation d’une écologie sociale, solidaire, citoyenne

C’est par cette mutation écologique que nous pourrons espérer créer des emplois, réponse première à la crise que traverse notre pays. Mais l’affirmation de notre identité d’éco-socialistes doit être pour nous l’occasion de répondre plus globalement aux défis sociaux et citoyens posés par la mondialisation et l’hyperconsommation.
L'éco-socialisme constitue un puissant levier de réappropriation populaire du monde contemporain. Privilégier les circuits économiques courts, ce n'est pas seulement limiter les émissions de CO2, c'est aussi favoriser la rencontre entre un producteur et un consommateur, en supprimant l'excès d'intermédiaires et en éveillant la conscience individuelle sur les conséquences d'un acte banal - acheter. Lutter contre les pollutions chimiques ou industrielles, c'est agir à l'échelle planétaire, mais c'est aussi tenter une réconciliation entre le travailleur et le consommateur, en apaisant cette tension qui nous traverse tous, lorsque nous mesurons combien l'activité économique, source de croissance et d'emplois indispensables à une société prospère et apaisée, est à l'origine de désordres environnementaux majeurs. Promouvoir une société de la sobriété volontaire plutôt qu'un modèle d'hyperconsommation ralentit l'exploitation de ressources naturelles par définition limitées, mais c'est aussi affranchir l'individu de l'asservissement créé par le capitalisme de la communication, qui pousse à acheter toujours plus, suscitant des envies nouvelles rapidement périmées, dont le cycle débouche sur un vide vertigineux.
Si la construction d'une alternative globale au capitalisme paraît hors de portée au moins à court terme et ne peut constituer l'horizon unique du socialisme contemporain, il appartient aux socialistes de tout mettre en œuvre pour que chacun trouve son chemin de liberté et d'épanouissement, en s'extrayant des impératifs de l'hyperconsommation.
Par l’éco-socialisme, nous avons l’opportunité historique de redonner du sens à chacun de nos actes. Mais il nous faut pour cela repenser des institutions politiques à la hauteur de ces enjeux.
L'épisode des permis d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures de schiste signés par Jean-Louis Borloo dans le plus grand secret, sans même un message aux élus locaux, en dit long sur la très faible culture du débat public qui caractérise la France. Rien n'a vraiment changé depuis la mise en place de l'appareil nucléaire civil dans les années 60. Cette opacité des décisions, qui tient le citoyen à l’écart de questions jugées trop techniques ou trop sensibles pour lui, nourrit la crise de la représentation politique par le sentiment que le vote ne sert qu’à départager des personnes, et non des orientations politiques sur des choix majeurs. A nous, éco-socialistes, de construire la République du débat entre citoyens adultes que les Français attendent depuis trop longtemps.

 

II/ La gauche et le respect des principes de la République

Parce qu'il s'est construit avec la République, le mouvement socialiste doit avoir à cœur, pour réussir sa refondation, d'aider à consolider et actualiser un héritage républicain aujourd'hui mis en cause. Celui-ci a codifié les règles du "vivre ensemble". Il a rendu possible la constitution d'une nation et d'un peuple à partir de la formidable diversité d'origines, de croyances, de conditions, de convictions qui ont toujours caractérisé la France. Il nous est donc indispensable. Ayons l’AUDACE de repenser la République ensemble !

A- L’éducation : la pierre angulaire de notre société !

En effet, c’est l’éducation qui transmet les principes de la République en faisant émerger le futur citoyen afin qu’il se situe dans son environnement social et institutionnel. C’est l’assurance que les mots liberté, égalité, fraternité ne soit pas que de simple mots inscrits au fronton de nos bâtiments publics.
Le droit à l'éducation, libre, gratuite, universelle et laïque est un des piliers fondateurs de notre République. C’est cette idée que tous les enfants, sans distinction de nationalité, de couleur, ou de niveau de revenus de leur famille, ont le droit à la même éducation, et qu'à travers elle, ils puissent s'émanciper, trouver leur voie, apprendre, découvrir, devenir des citoyens responsables dans une société libre, donc éduquée. C’est la garantie pour une société d’avoir des citoyens éclairés qui se battront pour l’intérêt général.

Aujourd'hui ce pacte, cette promesse d'égalité par le mérite, l'effort et la méritocratie républicaine, est en danger de mort. Notre modèle ne produit plus de l'équité, il reproduit les inégalités : la France est aujourd'hui parmi les pays où l'injustice se transmet le plus à la naissance, où l'école contribue plus qu'ailleurs à reproduire ces inégalités.

 

En France, les parents les plus éduqués transmettent à leurs enfants les connaissances que l'école n'est plus en mesure de leur apporter.
Mais plus que cela, une part croissante de nos concitoyens ont désormais recours à des agences privées de cours à domicile pour renforcer les connaissances, mais aussi surmonter les difficultés auxquelles les enseignants n'ont pas, n'ont plus le temps de combattre.
Il y a lieu aujourd’hui de se préoccuper de cette question de la réussite scolaire de nos enfants, de se doter d’une politique proactive pour faire face aux difficultés rencontrées, aussi bien par les enfants, les enseignants, que les familles.

Il faudra :
Revoir la formation des maitres ;
Réduire le nombre d'élèves par classe et d'abord au niveau du CP, mettre en place dans le cadre du service public, en collaboration si nécessaire avec les collectivités locales, les outils d'aide et d'accompagnement, combattre la ghettoïsation favorisée par les failles de la carte scolaire, étoffer l’enseignement de l’Education civique, en insistant sur les principes d’une éthique civique, sans oublier de repenser les manuels scolaires afin qu’ils retracent fidèlement les grands moments de notre histoire, qu’il s’agisse de la guerre d'Algérie ou d'Indochine, de la traite négrière ou de l'esclavage, et de bien d'autres évènements historiques, consolider la formation initiale, enfin soutenir l'Université abandonnée au profit des classes préparatoires, tels doivent être les axes d'une action déterminée et urgente.
Valoriser la formation tout le long de la vie
L’innovation pédagogique qui s’exerce aujourd’hui dans le reste du monde transforme affine la transmission du savoir. Ces méthodes expérimentales doivent désormais se matérialiser concrètement dans les écoles.
L’évolution technologique révolutionne la transmission de la connaissance et ont un impact certain sur le développement de certaines compétences comme : L’informatique, la créativité, la collaboration… sont le fondement d’une nouvelle école.
L’école a été l’élément qui permettait la promotion sociale dans une société donnant espoir aux ouvriers qui étaient à la merci des industriels du XIX éme siècle.
Ce qui doit guider nos actions c’est de rester fidèle à l’idéal socialiste et à la République afin de faire émerger des citoyens du XXIème siècle capables de faire face aux nouveaux défis de l’humanité toute entière.
L’école est un élément indispensable à la fondation d’une société qui souhaite avoir un avenir. C’est pourquoi, il faut reconnaître que l’éducation nationale doit être le maître d’œuvre pour transmettre les valeurs qui fondent notre République et favoriser le vivre ensemble car les familles ne peuvent pas tout.

B- Culture et lien social pour… mieux vivre ensemble !

Dans cette société en crise, en perte de valeurs, de repères et de confiance dans l’avenir, la culture ne peut être considérée ni comme un luxe, ni comme un supplément d’âme.
Avec l'éducation, la culture est le deuxième pilier du pacte républicain. Une culture ouverte sur la diversité des formes d'expression et soucieuse de l'accès de tous à la création artistique et au patrimoine immatériel. Riche des apports consécutifs des différents mouvements migratoires, impactée à la fois par la révolution du numérique et la mondialisation de l'économie, la culture s'envisage désormais dans une articulation entre l'enracinement dans une réalité locale et une ouverture sur les grands enjeux du monde. Cette nouvelle écologie de la culture, inscrits l'art au cœur des politiques publiques non plus comme un écosystème parmi d'autres, mais en tant qu'élément constitutif du vivre ensemble. Elle abolit les frontières entre la culture populaire et la culture élitiste, entre la culture de la périphérie et celle du centre, entre les cultures vivantes et la culture du patrimoine. Dans cette nouvelle acception, les frontières ne seront plus des lignes de séparation mais des lieux de rencontre et d'échange au service d'une culture universelle.
La culture et la création artistique sont à la fois des outils d’élargissements des libertés individuelles autant que de construction renouvelée d’une humanité partagée. Plus que jamais, à la lumière des événements récents qui ont endeuillé notre pays et qui paraissent provoquer un large mouvement de revendication d’un meilleur « vivre-ensemble », les politiques publiques et l’engagement citoyen sont placés dans l’exigence de l’affirmation d’un projet de société plaçant l’universel et l’intérêt général au cœur des échanges, de la palabre, des accommodements raisonnables entre individus et groupes divers et égaux en droits et dignités.
Notre pays possède des fondements solides, une tradition riche d’expérimentations et de potentialités qui nécessitent toutefois une révision lucide d’un système d’intervention qui s’est progressivement complexifié et parfois détourné de ses valeurs fondamentales.

Avec de l’AUDACE, on peut aujourd’hui initier des actes qui provoqueront plus que des réformes, mais qui permettront une révision des engagements et des politiques publiques avec et pour ses acteurs et ses bénéficiaires, c’est-à-dire, chacune et chacun d’entre nous.
Pour cela la République se doit d’être constamment vigilante pour :
- Garantir à tous l’accès à la culture
- Veiller à ce que la culture soit installée au cœur de nos politiques publiques, avec des citoyens acteurs, et non cantonnés à un rôle passif. Car la culture c’est l’affaire de tous.
- S’assurer que les identités culturelles interagissent, renoncent au repli identitaire et favorisent la liberté d'expression, dans le respect réciproque des dignités de chacun, en cohérence avec la déclaration de Fribourg, pour laquelle la culture désigne « les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité et les significations qu’il donne à son existence et à son développement ».
- …….

C- Le moyen de l'accord entre tous, c'est la laïcité !

Notre école est aussi la fabrique de la citoyenneté, du vivre ensemble, et de l'identité nationale.
Elle est le premier lieu dans lequel se déploie et prend forme l'idéal de laïcité. La laïcité opère une conciliation entre le maximum de droits pour chacun et le maximum de cohésion sociale. Si toutes les croyances et convictions spirituelles sont respectées, l'Etat veille à ce qu'aucune d'entre elles n'exerce un quelconque prosélytisme dans l’enceinte de l’école.
Cependant laïcité n’est pas neutralité. Comme disait Jaurès : « il n’y a que le néant qui soit neutre ». L’école de la République est le contraire du néant, elle est laïque au nom de ses valeurs, qu’il lui revient d’inculquer. La laïcité implique également l'apprentissage d'un esprit critique et, en donnant à chacun les moyens de penser par lui-même, elle sécurise pour chacun le droit de croire ou de ne pas croire.
C'est en ce sens que la parole de l'instituteur dépasse celle du prêtre, de l'imam et du rabbin.
La laïcité est donc à la fois une pédagogie et un combat pour les valeurs de la République.
A l'école, la parole raciste, homophobe, antisémite voire pro-djihadiste est inacceptable. Toute parole de haine doit être lourdement sanctionnée par les établissements. Mais la répression seule n’est pas une politique viable. Dès le primaire, les instituteurs doivent pouvoir expliquer aux enfants les valeurs fondamentales de notre République: la tolérance, la liberté d'expression, la laïcité et l'égalité entre les sexes. Encore faut-il que l'Etat ait le souci de réaffirmer clairement l'existence de ces règles dans les cas concrets où elles sont sollicitées.
Elles s’opposent à toute remise en cause du contenu de l’enseignement, tel que refus des sciences naturelles ou du sport, elles impliquent l'interdiction des signes religieux, mais elles ne font pas obstacle au respect de certaines prescriptions alimentaires.
La charte de la laïcité, élaborée voici quelques mois, devra être précisée dans les écoles pour ne laisser subsister aucune ambiguïté.
De la même manière, conviendra-t-il de mettre un terme aux discours désignant des personnes par leur religion. Les services de l’Etat ne connaissent que des citoyens et c'est en tant que personnes humaines et non en fonction de leur confession que leur sont garantis des droits, et d'abord la liberté de conscience et de culte.
Ces principes fermement rappelés, la République veille à ce que toute personne vivant sur son territoire se sente respectée dans ce qu'elle a de particulier, qui participe aussi de notre histoire : refus de stigmatiser l'Islam, dénonciation de ce qu'a été la colonisation, reconnaissance d'un jour férié propre aux religions représentées en France, comme le recommandait déjà le rapport Stasi.

D- La République, ce sont aussi des Institutions dont la réforme doit être engagée !

Il ne peut y avoir de " démocratie sans le peuple" et le discrédit de la représentation politique a engendré une frustration populaire qui se manifeste par l'abstention et, de plus en plus souvent par un vote d'extrême-droite que l'on ne peut se contenter de disqualifier.
Le premier enjeu est de redonner au citoyen les moyens de peser sur les choix politiques. Le fonctionnement trop présidentialiste de la Vème République invite à un renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement. Un débat sur l’équilibre des pouvoirs doit avoir lieu.
Afin d’oxygéner la représentation politique aujourd’hui incapable de se renouveler, toute une série de mesures, dont le non-cumul des mandats a constitué le premier maillon, sont déjà sur la table. A défaut de garantir une vraie diversité sociale, on pourra envisager un système de tirage au sort d’un pourcentage significatif de membres des assemblées locales ou nationales, parmi un panel de citoyens, qui soit représentatif de la société civile.
Il faudra également dresser le bilan de toutes les formes d'innovation démocratique avec le souci de mettre en place des formes de délibération et de participation adaptées à la société d'aujourd'hui. Ainsi, les grandes mobilisations contre la construction d’infrastructures locales, du barrage de Sivens à l’aéroport de Nantes nous montrent qu'au-delà de la durée trop longue des procédures d’enquête publique, ou de la qualité inégale des études préalables, une question ne peut rester sans réponse: ne faut-il pas passer de la concertation à la consultation ? C’est-à-dire préférer un arbitrage local et collectif fort plutôt qu’une décision en cercle réduit de décisionnaires (élus, techniciens et enquêteurs) pour certains projets locaux d’infrastructure engageant un territoire pour des années, voire des siècles.
C’est préférer la décision politique collective à la décision politique restreinte et technique. Le référendum local apparaît alors comme l’outil fédérateur et mobilisateur d’une démocratie éco-socialiste…
De même conviendra-t-il de veiller à l'indépendance des élus comme des experts face aux groupes de pression. Enfin, notre démocratie devra s'emparer, pour les reprendre ou les rejeter, des ressources découlant des nouvelles technologies, y compris dans le processus d'élaboration de la loi. Plutôt que d'aborder ces questions au coup par coup (vote électronique par exemple), il faut en dresser l'inventaire et en faire le tri en fonction des critères d'une démocratie devenue " collaborative".

E- L’exemplarité c’est aussi la République !

Nos institutions, ainsi que les associations, syndicats et les partis politiques sont au centre de notre démocratie.
L’évolution, le changement doit tout d’abord commencer au sein de notre famille politique et être ainsi à l’avant-garde.
Le respect des procédures et processus doivent favoriser une meilleure organisation et fonctionnement de notre famille politique afin d’avoir une image auprès de nos concitoyens au sein de notre République.
Ils nous semblent opportun de s’interroger sur le fait d’avoir un parti exemplaire et rendre par la même efficiente notre système démocratique. C’est pourquoi, il faut désormais matérialiser concrètement les options notables connues de tous.
Forts de notre culture militante, nous proposons donc :
● Que toutes les fédérations soient représentées au sein du conseil national du parti. A l’image du parlement français, nous voulons un mouvement qui allie à la fois représentation des militants et représentation des territoires.
● Que nous intégrions davantage de démocratie participative dans la prise de nos décisions. Qu'il s'agisse de la question des alliances lors des élections, ou de la désignation des candidats aux élections locales. Les militants doivent être, par le vote en Assemblée Générale, au centre du processus de décision.
● Que nous mettions en place le référendum d'initiative militante. Car ce que nous défendons à l'échelle nationale et européenne, est aussi valable à l'échelle du parti : “donner aux citoyens les clefs pour impulser le changement”.
● Que la dotation financière aux fédérations soit augmentée proportionnellement aux ressources du parti. Pour ainsi se donner les moyens de réaliser plus que jamais ce qui est notre ADN : un parti de terrain et ancré sur la démocratie locale.
Et pour aller encore plus loin, nous voulons :
● Mettre en place de nouvelles règles de transparence pour nos représentants à une époque où la personnalisation des responsabilités appelle de nouvelles exigences des citoyens.
● Aligner notre parti sur nos propositions pour le non-cumul des mandats, afin qu’il soit le reflet des avancées souhaitées et défendues à l'échelle nationale.
● Limiter le nombre de mandats successifs. Parce que pour rendre à chaque citoyen le goût de l'engagement politique, une clef est de lui montrer que lui aussi a vocation à être mandaté pour défendre ses idées. Et que cela n'est pas réservé à une caste.
● Institutionnaliser la formation des militants au sein des fédérations. Que chaque militant puisse d'abord connaître l'histoire de notre parti et nos valeurs. Et qu'il puisse être formé à l'action de terrain, et l’analyse de l'actualité.
● Réussir la Transition NUMERIQUE du Parti
La démocratie participative, allant de pair avec la démocratie coopérative, nous devrons travailler conjointement sur ce développement qui grâce au numérique ne sera que renforcé.
Cela peut se traduire par la mise en place d’une plateforme réunissant à la fois un espace de travail coopératif et d'échanges entre militants de toutes la France et un espace d’information comprenant notamment une base de données remplie de fiches argumentaires, de fiches explicatives mais aussi techniques.
● Contribuer à la construction de l’Europe par la mise en place de jumelage des sections avec celles d'autres pays européens afin de créer une dynamique socialiste à l'échelle européenne qui nous permettra seule de transformer durablement notre société (voir la contribution thématique De l’Audace et des Actes).

F- La République est une promesse : celle de l'égalité !

Promesse que contredisent les discriminations dont sont trop souvent victimes ses territoires ou ses enfants. Car ce qui mine notre pays, ce sont les inégalités territoriale, sociale, générationnelle et ethnique. La République ne peut être en repos tant que le chômage affectera massivement certains quartiers, tant que l'origine ethnique limitera l'accès à l'emploi ou au logement, tant que les jeunes issus des milieux les plus humbles ne se verront pas reconnaître les mêmes chances de réussite, tant que des zones, rurales ou urbaines, se verront privées de médecins ou d'infirmières, du droit élémentaire à la présence de services publics de qualité, ou de moyens de transport adaptés, tant que les mères isolées ne parviendront pas à éviter la pauvreté à leur famille, tant que les pauvres seront de plus en plus démunis, tant que les problématiques particulières liées au vieillissement ne trouveront pas de solutions….
La République n'est fidèle à elle-même que si elle reste un espoir partagé ! Et son discours, qui doit être réaffirmé partout, ne peut être entendu que s'il s'accompagne des moyens nécessaires à la lutte contre la relégation sociale, à la réussite scolaire, au progrès de l'intégration, à l'accès à la culture ! Aussi bien dans les métropoles qu’au fin fond des territoires.
Sacrifier les budgets consacrés à ces politiques revient à affaiblir un principe sans lequel notre société ne peut que se déchirer ! Une remise à plat de nos politiques publiques s’impose :
• Mettre davantage de moyens dans les banlieues en difficultés, les territoires ruraux et mieux les répartir.
• Favoriser le brassage des populations, des générations, des cultures ;
• Soutenir et accompagner les familles ;
• Soutenir les associations, qui sont devenues de véritables "antidépresseurs en favorisant le lien social, quand elles ne le créent carrément pas, pour leur engagement dans l’éducation populaire, mais aussi de plus en plus pour leur rôle d’acteurs de l’économie sociale et solidaire.
• Promouvoir l'égalité réelle entre les hommes et les femmes, ainsi qu’une approche citoyenne du handicap.
• Lutter contre les discriminations de toutes sortes: le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, envers les gens du voyage etc.
L’épisode récent où un élu de la République refuse l’inhumation d’un bébé du seul fait de son appartenance ethnique oblige à marteler que l’égalité ne doit pas être un vain mot dans le pays des Droits de l’Homme.
• Redémarrer l'ascenseur social pour des milliers de jeunes (et en particulier) pour ceux issus de la diversité et qui peinent tant à trouver un emploi stable.
Ayons l'ambition de faire plus encore pour cette "génération dite sacrifiée", notre jeunesse ! . Remettons enfin vraiment en débat pour aller au bout de la réflexion et en tirer toutes les conséquences les questions de la diversité et du vote des étrangers. Faisons de l’inclusion des minorités aussi bien dans les partis politiques que dans les instances nationales de la république, la règle (voir la contribution thématique De l’Audace et des Actes).

G- Le rôle de la République dans le monde!

La République doit redevenir le héraut de son message de liberté d’égalité et de fraternité à travers le monde.
L’internationale socialiste est porteuse de valeurs universelles d’où sa fortune au sein de notre République. C’est pourquoi le socialisme est l’un des garants des Droits de l’Homme, la défense de l’autonomie des peuples cela partout dans le monde. En renforçant avec les peuples frères d’Afrique ou d’Asie une coopération dans tous les domaines.
La République est au service de l’émancipation des peuples du monde, en ayant des rapports renouvelés avec ses anciennes colonies pour une meilleure coopération politique et économique. Et représenter une véritable aide à l’expansion de la démocratie, cela sans arrière-pensée. Clairement, la République Française doit cesser de soutenir des régimes qui oppriment leurs populations, dont les forces vives ne trouvent d’autres solutions que de quitter leurs pays, au péril de leurs vies. Beaucoup d’entre eux se retrouvent, errant dans les déserts du Maghreb, noyées en mer, ou encore au large des côtes espagnoles italiennes grecques, …… . Nous devons avoir l’audace et l’ambition, avec nos amis européens d’apporter des réponses adaptées, urgentes à cette situation.
En effet, l’avenir de l’union européenne se trouve au sein des pays du sud d’Afrique et ceux du pourtour méditerranéen avec comme socle l’égalité et la réciprocité dans divers domaines : une coopération économique, universitaire et culturelle équilibrée ; un dialogue avec les jeunesses pour mieux les responsabiliser et pour investir sur le long terme ; une meilleure cohésion socio-économique pour une démocratie efficace; un transfert de compétences (co-localisations) pour encourager la compétitivité des entreprises franco-africaines sur les marchés du monde ; une coopération plus active entre la France et les pays d'origine dans les domaines de compétence respectifs .
L’Afrique est encore le dernier rempart de l’avancée massive de l’anglais sur les bases francophones. Faut-il rappeler que sur les 56 pays membres de l’OIF, 30 sont africains et que 96 sur les 220 millions de locuteurs francophones dans le monde vivent en Afrique. La République se doit d’avoir l’ambition de toujours y solidifier ses bases.
Le continent Africain, est celui dont la population s’accroît le plus vite, malgré les épidémies ravageuses. Un milliard d’habitants aujourd’hui, 1,5 milliard en 2030 et 2 milliards en 2050. A cette date, la population de l’Afrique sera supérieure à celle de la Chine et de l’Inde, et trois fois plus nombreuse que celle de l’Europe. Ce qui augure de belles opportunités. La République se doit de saisir ses chances.
Et si elle sait qu'il faut proscrire toute naïveté dans les rapports entre États, la République ne se résigne pas au cynisme et promeut l'égalité, la justice au sein de la société internationale.
Elle doit, au-delà de la défense des intérêts nationaux, mettre en œuvre une politique extérieure progressiste fondée sur une promotion intelligente et intelligible des droits de l’homme et de nos principes universalistes.

Ainsi travaille-t-elle partout pour la démocratie : bien des démocraties en Afrique, en Amérique latine et en Asie témoignent qu’elle est possible dans les pays du Tiers monde.
Pour agir, la République française n'est pas seule. Elle a fait depuis plus d'un demi-siècle le choix d'un engagement européen sur lequel nous devons être clairs. L'Europe n'a en effet de véritable sens que comme espace de solidarité, ce qui doit conduire à mettre en place, contre les égoïsmes actuels, un plan de convergence des enjeux économiques (la croissance, la compétitivité, la productivité), financiers ( déficits et endettement ) autant que sociaux.
Ce qui menace l'Union c'est en effet l'écart grandissant qui sépare les systèmes nationaux qu'il ne sera possible de résorber que sur la durée et autour de politiques coordonnées.
L'arrivée de la gauche au pouvoir en Grèce peut nous fournir l'occasion de relancer l'idée d'un plan de soutien à l'activité, indispensable au recul du chômage et au retour de la confiance populaire. Ce plan devrait s'accompagner d'une réactivation du projet social européen qui passe par une responsabilisation plus grande des partenaires sociaux et par la volonté de construire le marché du travail le plus dynamique, le plus transversal et le plus protecteur possible. Renforcer la solidarité au sein de l'Union suppose aussi une clarification des responsabilités politiques. L'Union reste une association d'Etats, ce qui implique l'implication et la consultation des citoyens à chaque étape de sa construction. L'Union est aussi un projet démocratique, ce qui appelle la mise en place d'outils de contrôle de l'action de la Commission ou de l'Euro-groupe par exemple par un Parlement de l'Euro composé de représentants des Assemblées nationales des pays membres.

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Entre une vision opportuniste et libérale qui a travesti nos valeurs socialistes et une tendance gauchisante et éloignée de réalités, nous avons choisi, comme Jean JAURES, «d’aller à l’idéal en comprenant le réel».

Nous voulons concilier l’efficacité économique à la justice sociale, la liberté, l’égalité et la fraternité, dans un monde de paix, solidaire et interdépendant.