Contribution Thématique

‘’LES TERRITOIRES ULTRAMARINS FRANÇAIS DANS L’ETAPE CLE DE LA RECONCILIATION ENTRE L’HISTOIRE ET LA GEOGRAPHIE’’

La nécessité pour la Martinique d'intégrer son espace géographique naturel la caraïbes pour un développement adapté

Entre la France et les peuples de ses territoires ultramarins (les 5 DOM et les 4 TOM), il est convenu un indicible contrat « d’histoire commune », de « coopération d’avenir » depuis notamment que la France socialiste de François MITTERAND a voté d’abord en 1981 la Décentralisation, puis en 2001, sous Jacques CHIRAC la loi TAUBIRA reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Les tensions ethno-politiques et notamment, les revendications anticolonialistes sont désormais nettement moindres. Les prétentions se focalisent bien plus vers les questions de responsabilité des institutions locales et de leurs élus, de développement économique et social, de respect du droit à la différence culturelle, que vers l’accession à l’indépendance et à la souveraineté.
Dans l’ancienne colonie espagnole Porto-Rico accaparée par les USA en 1898, les référendums qui se succèdent tous les 5 à 10 ans depuis plus de 60 ans, confirment le choix du peuple Portoricain de bénéficier d’une autonomie plus grande, de participer davantage à l’espace caribéen avec en 1er lieu Cuba, de bénéficier du respect de leur identité hispanophone..., plutôt que d’accéder à l’indépendance politique et à la pleine souveraineté. A noter qu’en Martinique les indépendantistes sont en net recul sur l’échiquier politique. La mondialisation depuis 30 ans et les nouvelles politiques des centres auront complètement redéfini leurs relations avec les anciennes colonies. Du modèle centre/périphérie colonial, on est passé dans le cadre de la mondialisation à un nouveau modèle Nord/Sud et Sud/Sud qui prend du temps à s’affirmer de manière claire, stratégique et politique. Mais pour les Socialistes, ce doit être la direction et la perspective à long terme pour faire triompher nos valeurs humanistes, émancipatrices et progressistes à l’échelle mondiale. On y trouve là, le contenu de la réconciliation entre l’Histoire et la Géographie.
Les mécanismes de déverrouillage du modèle colonial ancien vers le schéma de développement mondialisé actuel
Dans leur lutte émancipatrice et pour sortir du sentiment d’assujettissement, chaque peuple du territoire français (y compris les anciennes colonies africaines) aura procédé à plusieurs étapes :
• La première étape fut incontestablement celle de la Liberté pour sortir du système colonial esclavagiste pour les uns, d’exploitations pour les autres. Tous les territoires auront arraché leur liberté. La libération sera obtenue d’abord en Haïti en 1804 servant d’exemple pour les autres colonies (Martinique, Guadeloupe, Guyane en 1848). Ce fut la victoire de la Liberté et la 1ère pierre de l’émancipation de l’homme.
• Puis dans le cadre de la décolonisation, les anciennes colonies ont revendiqué l’Egalité dans les conditions de vie des populations, la dignité de l’homme et la justice dans les relations entre la France et les territoires ultramarins. Cette revendication a été satisfaite dans le système français par la départementalisation,(décret du 19 mars 1946). Elle a trouvé son prolongement par la revendication de la négritude d’Aimé CESAIRE pour contrecarrer toute aliénation et tout sentiment d’infériorité des anciens peuples colonisés. Cette étape s’apparente à un lent processus de conscientisation dans l’éducation, la formation et la culture participant de la fierté de l’homme.
• En parallèle à la reconnaissance des communautés humaines, se profile la triple question de la conscience de Peuple, l’évolution démographique et le droit à la différence en toute fraternité.
On peut aujourd’hui penser que ces étapes franchies, le système archaïque centralisé de la France a été déverrouillé avec le processus de décentralisation initié par François MITTERAND en 1981, pour désormais donné des relations contractualisées. La mise en convergence des nouvelles modalités de coopération institutionnelle confirme ce nouveau schéma.
C’est le cas depuis le traité de Maastricht en 1995. Il a procédé à l’intégration des D.O.M. dans la construction européenne en tant que Régions Ultrapériphériques de l’U.E. avec des bases institutionnelles dérogatoires clairement énoncées d’abord dans l’article 299-2 du Traité d’Amsterdam devenue article 349 dans le traité de Fonctionnement de l’U.E. en 2008 (T.F.U.E.). De plus, nombres de dispositifs spécifiques ont été créés sous la Présidence socialiste de Jacques DELORS en 1989. Il s’agit notamment des Programmes d’Option Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité (dits POSEI). S’agissant des autres territoires dits T.O.M. disposant d’une large autonomie dans le cadre de l’article 74 de la constitution française, ils sont intégrés dans la construction européenne en tant que pays tiers bénéficiaires des aides au développement à partir du Fond Européen de Développement (F.E.D.)
Ces éléments mis bout à bout indiquent la réalité du modèle des contrats.
Les mécanismes d’organisation du schéma de développement actuel
La reconnaissance de l’émancipation des peuples et la stratégie systémique de la gouvernance française, est tout à l’honneur du Gouvernement socialiste présidé par François HOLLANDE d’avoir tourné la page du COLBERTISME. En développant une contractualisation forte avec ses anciennes colonies et des objectifs clairs, le gouvernement donne à ces territoires une meilleure capacité à projeter le made in France sur des zone géographiques réconciliant ainsi l’histoire et la géographie. Le récent accord du 3 février 2015 intégrant la Martinique en tant que membre associé de l’Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale (dit OECS), qui sera suivie d’ici peu par la Guadeloupe, est un exemple symbolique fort.

CONCLUSION :

LA RECONCILIATION ENTRE L’HISTOIRE ET LA GEOGRAPHIE

Le contexte actuel de Gouvernance socialiste française ouvre désormais un champ inédit dans la mondialisation ; c’est l’articulation des schémas gagnant/gagnant Nord/Sud ayant dépassé les archaïsmes du passé colonial et Sud/Sud porteur de responsabilités, d’ouverture et de coopération régionale de développement.
Cette nouvelle perspective ne peut qu’accélérer les progrès humains des sociétés, et démontrer un pas franchi dans la véritable décolonisation des peuples. C’est là le mérite de la vision socialiste universelle que nous défendons et que nous soutenons.
Nous réclamons la poursuite de ce processus