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Motion D : « Le socialisme, c’est l’écologie avec tous »

Sans croissance économique, pas de création d’emploi. Mais sans réflexion sur notre manière de produire et de partager la richesse créée, pas de croissance soutenable, et donc pas d’emploi durable.

Sans croissance économique, pas de création d’emploi. Mais sans réflexion sur notre manière de produire et de partager la richesse créée, pas de croissance soutenable, et donc pas d’emploi durable. C’est tout l’enjeu de cette décennie : créer de la richesse et en même temps revoir la manière dont on la créé. Il s’agit de préparer un changement en profondeur de notre modèle de société. A terme, tout devra être repensé : la ville, les transports, la solidarité, l’économie et la finance, etc. Certains opposent encore le socialisme et l’écologie. Nous pensons au contraire que c’est dans la lutte contre les inégalités que réside le meilleur moyen de défendre l’environnement. Dans une société de l'usage et non de la propriété, produire moins en volume ne veut pas dire produire moins de valeur ajoutée. Ainsi, dans la social-écologie, la valeur n'est pas dans la quantité de biens produits, mais dans la qualité de biens partagés.

Réussir ce changement en profondeur sera triplement gagnant : nous serons de nouveau en capacité de créer des emplois, nous serons désormais en capacité de réduire les inégalités énergétiques de nombreux ménages étranglés par les factures de chauffage et de carburant, nous serons enfin en capacité de contribuer à protéger les ressources de notre planète. Afficher ce trio gagnant sera notre meilleur atout pour réussir la COP21 en décembre prochain.

Pour réussir ce changement, la Fabrique, motion qui a comme première signataire Karine Berger, fait plusieurs propositions.

Nous pensons tout d’abord que trop d'exonérations ou de différenciations de taxations brouillent les enjeux et les finalités. Il en est ainsi de la « fiscalité noire » qui participe à la subvention à la consommation ou aux productions polluantes des énergies fossiles. Son existence n'a plus lieu d'être eu égard à l'urgence écologique et à l'impératif de transformation. Nous estimons qu’encourager la mutation de notre appareil productif passe par une fiscalité écologique. Cette fiscalité reposera sur une contribution carbone avec le principe "pollueur-payeur" comme fil conducteur.

La fiscalité écologique ne peut faire fi des inégalités sociales. Les ménages modestes, les agriculteurs qui souhaitent produire autrement, les personnes frappées par la précarité énergétique, autant d’exemples qui confirment la nécessité d’adapter la transition aux capacités de chacun. Tous n’ont pas les moyens d’effectuer rapidement leur transition. C’est pour cela qu’il est nécessaire que l’Etat prenne fortement l’initiative, c’est pour cela qu’il faut renforcer le budget dédié au développement durable.

La question écologique n’est pas une thématique nouvelle à traiter parallèlement à la question sociale. Elle est la nouvelle expression de cette question sociale. La social-écologie commande modération, coopération et redistribution, valeurs que les socialistes ont toujours portées. Nous proposons l’instauration d’un seuil de pauvreté écologique » sur le modèle des minimas sociaux pour prendre en compte les nouveaux risques liés à la précarité énergétique.

Etre socialiste, c’est aussi refuser le « déclinisme », c’est croire aux  atouts de notre pays, de nos territoires. Nous proposons – et nous sommes la seule motion à le faire ! -  de mettre en place une politique de la Mer, ambitieuse et responsable. Trop souvent oubliée, la mer est pour notre pays un gisement d’activités sans commune mesure. Avec l’un des espaces maritimes les plus grands du monde, la France doit désormais assumer son moi maritime et s’atteler à devenir une puissance de l’économie bleue. Elle dispose de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) derrière les Etats-Unis avec 11 millions de kilomètres carrés, dont 90% dans les départements et collectivités d'outre-mer. Depuis des années, ce potentiel est ignoré. Pourtant, nous disposons là d’une source majeure de croissance, d’emplois qualifiés (310 000 emplois direct à ce jour) et de ressources durables, notamment alimentaire et énergétiques.

Etre socialiste, c’est croire en l’avenir, c’est donc maintenir le cap d’un investissement durable, avec comme boussole républicaine l’égalité des territoires. C’est pourquoi nous proposons de mettre fin à la baisse des dotations aux collectivités locales pour que ces dernières puissent continuer à investir et à passer des marchés publics, notamment en direction de la rénovation énergétique.

Etre socialiste, c’est soutenir les acteurs de la transformation économique, c’est donc soutenir les PME car ce sont elles qui portent le plus l’innovation et inventent l’emploi de demain. Nous proposons de transformer le CICE en l’affectant en priorité aux PME.

Etre socialiste, c’est parier sur l’économie collaborative (plateformes participatives, covoiturage, etc.) et l’économie sociale pour dépasser le capitalisme financier. Faisons de la France le leader mondial de l’économie collaborative en adaptant la réglementation et la fiscalité.

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