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Motion B : « L’écosocialisme, c’est maintenant ! »

Nous passons d'un monde à l'autre, et celui dans lequel nous entrons ne nous autorise plus l'exploitation et le gaspillage éhontés de nos ressources naturelles, pas plus que l'utilisation massive des énergies fossiles.

Nous passons d'un monde à l'autre, et celui dans lequel nous entrons ne nous autorise plus l'exploitation et le gaspillage éhontés de nos ressources naturelles, pas plus que l'utilisation massive des énergies fossiles.

Pourtant, rien ne nous garantit l'émergence d'un modèle de développement nouveau, qui ne pourra s'imposer qu'au terme d'un débat politique, d'une confrontation de deux logiques au cœur de laquelle l'idée socialiste peut retrouver tout son sens. Le modèle actuel ne doit rien au hasard, mais répond à une exigence de rentabilisation, de marchandisation que l'ouverture des marchés mondiaux, le développement des technologies de communication, l'affaiblissement des États et des règles de droit ont encore accentuée. Le capitalisme contemporain, loin d'être " naïf", suit sa plus grande pente et celle-ci nous conduit, après le désordre financier, vers une crise climatique majeure.
Notre génération a la responsabilité de fixer au marché de nouvelles limites, à l'instar de celles que surent lui imposer celles issues de la crise de 1929 et de la seconde guerre mondiale. Le système ne se régulera pas de lui-même, mais via une volonté politique construite autour d'une compréhension fine des mécanismes à l'œuvre.


C'est dans cette perspective que nous devrons proposer et construire un nouveau modèle de développement. Il témoignera de la double nécessité de définanciariser et de décarboner l'économie.
Le premier enjeu sera de donner une nouvelle définition à ce que l'on appelle aujourd'hui "croissance" et qui ne correspond que de très loin à l'idée que l'on peut se faire d'un vrai progrès.  Celui-ci nécessite tout autant la production de biens matériels que le développement de l'éducation, la qualité de l'urbanisme ou le renforcement des relations sociales. De ce fait, il pose la question, non seulement, des conditions de production de la richesse, mais également de sa répartition, légitimant ainsi une réforme de la fiscalité, un fort investissement dans les services publics et la réduction régulière du temps de travail. Ce combat est, naturellement, inséparable de la consolidation de nouveaux critères de prospérité appelés à succéder au seul PIB !


Le deuxième axe d'un projet d'avenir passera par une transformation en profondeur de notre système productif et agricole. En privilégiant le recours à des technologies propres via des financements dédiés nous ne condamnons pas notre industrie, nous l’aidons à prendre de l’avance et à développer une nouvelle forme de compétitivité. Parallèlement, il nous faut favoriser une association plus étroite des salariés et des consommateurs à la définition de la stratégie des entreprises, et faire évoluer le statut juridique de ces dernières pour en faire non plus le seul outil des actionnaires, mais l'instrument d'un projet intégrant les enjeux sociaux et environnementaux. Cette "révolution" ne pourra enfin être menée à bien qu'à la condition de développer de nouvelles sources d'énergie renouvelables.                
La mutation des modes de consommation constitue le troisième volet d'une telle approche qui nous invite à fixer des frontières au développement de la consommation marchande. Elle appellera, non seulement, le recours à une offre renouvelée en encourageant l'économie sociale et solidaire, mais également en favorisant les circuits courts, en protégeant certains secteurs (santé, éducation notamment) de la commercialisation, en promouvant de nouveaux comportements plus économes et plus respectueux de l'environnement, en redonnant à l'idée socialiste d'une société organisée autour des valeurs humaines de convivialité et de solidarité tout son sens.
Enfin, c'est l'Etat lui-même qui devra changer pour porter pareil changement : non seulement, il lui faudra réhabiliter ses outils de prévision, se démocratiser pour associer plus étroitement les citoyens aux décisions, se décentraliser pour responsabiliser les territoires, mais il devra aussi réaffirmer par la loi et des outils adaptés de régulation et de coordination des activités économiques, énergétiques et sociales la primauté de l'intérêt collectif. Cela devra nous conduire à vouloir donner un nouvel élan aux formes de solidarité internationale, de la création de fonds verts destinés aux pays les plus exposés et alimentés par des prélèvements à l'entrée de produits hyper-carbonés en Europe, au soutien actif à la formulation de règles internationales proscrivant les pratiques les plus dangereuses pour notre environnement.         
On est loin du coup de la social-démocratie traditionnelle dont le temps, qui correspondait à celui d'un capitalisme organisé à l'échelle nationale, est passé. Avec l'écosocialisme, il s'agira bien, à travers une réhabilitation du sens de la démocratie, de trouver un nouvel équilibre entre le poids du marché et le rôle de la collectivité en imposant au premier d'intégrer dans son fonctionnement les conditions d'une vie équilibrée et durable pour notre humanité.

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