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Motion B : « Etre socialiste en France, c’est construire la République partout et pour tous »

Les terribles attentats de janvier 2015 ont révélé les graves tensions de la société française. Si, d’un côté, des millions de Français sont descendus dans la rue pour défendre les valeurs républicaines, de l’autre, de larges pans de notre peuple se sentent au mieux indifférents, au pire, sans illusions.

Les terribles attentats de janvier 2015 ont révélé les graves tensions de la société française. Si, d’un côté, des millions de Français sont descendus dans la rue pour défendre les valeurs républicaines, de l’autre, de larges pans de notre peuple se sentent au mieux indifférents, au pire, sans illusions. Dans les banlieues urbaines, le « péri-urbain » ou le monde rural, un sentiment profond de relégation et d’injustice forme le terreau des idéologies réactionnaires voire extrémistes, comme le nationalisme ou l’intégrisme religieux. Les mots et l’attitude du Président de la République et du Premier Ministre ont fait écho au désir profond de réaffirmation de notre contrat social, et c’est essentiel. Mais ensuite ? Au-delà de la réaffirmation nécessaire de nos valeurs, quelle doit être notre réponse au terrible défi de recréer un destin commun ?

Comme Jaurès devant Clemenceau, nous savons que deux conditions doivent être remplies pour que chaque habitant de notre pays se sente partie prenante de la société.

La première est que les grands principes républicains s’incarnent dans la réalité et ne soient pas que des fictions morales. Il faut donc concrétiser ce qu’est la liberté, la fraternité et surtout, l’égalité. Il y a dans notre pays une urgence et des souffrances sociales sur lesquelles nous n’avons pas encore su agir. Exclusion, chômage, précarité… sont le quotidien d’un trop grand nombre de nos concitoyens. Concrétiser la promesse républicaine pour celles et ceux qui en sont aujourd'hui à ce point éloignés doit être notre priorité incontestable. Chacun doit pouvoir, quelle que soit son origine culturelle, sociale, son lieu d’habitation, son âge, espérer vivre et faire vivre de son travail, évoluer, se former. Chacun doit être certain que sa part de souveraineté, de participation à la décision collective sont respectées. Il nous faut ainsi construire la République sur chaque territoire, pour chaque personne et ce, grâce à un Etat efficace, à des acteurs publics engagés.

La deuxième condition, et cela intéresse la gauche en premier lieu, est de comprendre et répondre à la profonde crise éthique que traversent nos sociétés. Alors que le discours décliniste prospère, interdisant tout avenir, le capitalisme d’aujourd’hui n’offre comme modèle de réalisation que la vulgarité télévisuelle ou la valorisation de la seule réussite matérielle. On ne peut pas fixer comme unique horizon aux 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme le « rêve » moralement contestable et matériellement irréalisable de devenir milliardaire. L’immense besoin d’idéal, de générosité, d’altruisme doit trouver d’autres perspectives. C’est à la gauche de réaffirmer que l’espoir de changer la société en donnant des perspectives à ceux qui en sont dépourvus est plus que jamais une nécessité.

Nous proposons donc un « Plan République » qui consiste en 4 mesures d’urgences et des interventions ciblées dans les territoires qui en ont le plus besoin.

La première mesure vise à restaurer la capacité d’investissement des collectivités territoriales, mise à mal par plusieurs années consécutives de baisses de dotations.

La deuxième urgence concerne l’école et la culture. Il est temps d’agir de la maternelle à l’université pour mettre en place un système scolaire ambitieux pour tous et toutes les élèves. L’action culturelle doit venir compléter le travail de l’Education nationale avec un plan d’éducation artistique et culturelle à l’école. Enfin les crédits de la culture doivent être augmentés.

Le troisième volet du plan a trait à l’accueil de la petite enfance. Nous voulons faire de la politique de la petite enfance un levier puissant de réduction des inégalités sociales, afin d’offrir à tous les enfants, les meilleures chances de réussite scolaire.

Nous proposons enfin un plan de rénovation rapide des hôpitaux et des universités.

Pour les quartiers populaires, le « Plan République » consisterait en un recrutement de 13 000 adultes pour suivre les jeunes en situation de décrochage scolaire dans 1300 quartiers de la politique de la ville ; des aides à la construction de logements en zone tendue ; une lutte accrue contre les discriminations (recours collectif en matière de discriminations au travail et à l’embauche ; récépissés contre les contrôles au faciès, …)

Dans les territoires ruraux et périurbains nous voulons : assurer un maillage « nouvelle génération », un véritable « bouclier rural » qui garantit et modernise la proximité et l’accès à l’ensemble des services publics ; généraliser les centres de santé et les maisons de santé pluridisciplinaires pour mettre fin aux déserts médicaux ; développer une agriculture locale prospère et de qualité ; accélérer le déploiement du très haut débit en assurant la convergence des financements publics.

Le « Plan République » est la 1ère réponse concrète que nous voulons apporter au désarroi du peuple qui nous quitte. 

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