Congres histoire

Les Congrès, jalons de l’histoire du PS

Si en France, tout se finit par des chansons, à gauche, ça se termine ou ça commence par un congrès. Un congrès c’est un moment démocratique d’élaboration d’une orientation politique, d’une stratégie et de désignation d’une direction. Des débats intenses, mais essentiels.

Si en France, tout se finit par des chansons, à gauche, ça se termine ou ça commence par un congrès. Un congrès c’est un moment démocratique d’élaboration d’une orientation politique, d’une stratégie et de désignation d’une direction. Des débats intenses, mais essentiels.

Alors qu’en avril, le PS aura 110 ans, En juin prochain, à Poitiers, il tiendra ainsi son 77ème Congrès. Retour sur ces grands moments de l’histoire des socialistes.

L’histoire de notre parti est jalonnée de ces grands congrès qui ont à la fois permis de nous construire, été le lieu de l’expression de rapports de force et de débats en notre sein, et ont aussi été la première marche vers des victoires électorales.

 

Des Congrès pour nous construire.

 

En 1905, il existe cinq partis socialistes – autant qu’il y a de tendances dans le mouvement ouvrier français, hormis les anarchistes parmi lesquels le Parti socialiste français de Jean Jaurès et du Parti socialiste de France de Jules Guesde. Le Congrès du Globe (dans le Xe arrondissement de Paris) est celui qui créé la SFIO, par la fusion de ces partis, un an après l’appel à l’unité lancé par la Deuxième Internationale. C’est le congrès de l’unité des socialistes.

Il sera suivi, 15 ans plus tard, en 1920 du Congrès de Tours, qui acte la scission entre socialistes et communistes C’est à Tours que Léon Blum, visionnaire dit qu’il faut « garder la vieille maison » pendant que d’autres iront « courir l’aventure ». Alors que le jeune PCF est fidèle aux directives de Staline, la SFIO ne renonce jamais à l’unité, notamment face à la menace fasciste qui monte en Europe et qui s’est manifestée le 6 février 1934. Bientôt, cette unité donnera le Front populaire, le premier gouvernement dirigé par un socialiste en 1936.

Alors que Daniel Mayer a organisé les socialistes dans la Résistance, au congrès de Paris en 1946, Léon Blum encore prononce son dernier discours à la tribune du  congrès de la SFIO, mis en minorité par Guy Mollet, il déclare :

« Pendant des heures, j'avais entendu parler du dynamisme supérieur de certains de nos adversaires et ce mot, qui m'agace toujours un peu, m'avait spécialement irrité ce jour-là. Je vous avais dit alors : « Le dynamisme, qu'est-ce que vous croyez donc que c'est ? Croyez-vous que ce soit une drogue pharmaceutique ou un engin mécanique ? Est-ce que vous croyez que c'est quelque chose de concret ? Mais non. Le dynamisme, ce sont les hommes. C'est la conviction des hommes. C'est l'abnégation, l'esprit de dévouement des hommes. C'est la foi des hommes. Et si le dynamisme a manqué, rendez-vous compte que c'est parce que, chez les hommes que « vous êtes, il n'y avait pas assez d'abnégation, ni assez d'esprit de sacrifice, ni assez de foi. » Je crains qu'aujourd'hui il n'en soit encore ainsi. Le trouble du Parti, ce malaise dont l'analyse ne découvre pas les causes, ou qui est hors de toutes proportions raisonnables avec ses causes, je crains qu'il ne soit d'essence panique, qu'il ne traduise les formes complexes - excusez le mot -de la peur. Je crois que, dans son ensemble, le Parti a peur. Il a peur des communistes. Il a peur du qu'en-dira-t-on communiste. C'est avec anxiété que vous vous demandez à tout instant : Mais que feront les communistes ? Et si les communistes ne votaient pas comme nous ? La polémique communiste, le dénigrement communiste agissent sur vous, vous gagnent à votre insu et vous désagrègent. Vous avez peur des électeurs, peur des camarades qui vous désigneront ou ne vous désigneront pas comme candidats, peur de l'opinion, peur de l'échec. »

Par la suite, la SFIO est confrontés aux bouleversements comme la Guerre d’Algérie ou la naissance de la Cinquième République.

 

1969 et 1971 : le renouveau du PS

 

Après fondation du PSU en 1960, la présidentielle de 1965 où François Mitterrand a mis De Gaulle en ballotage et les événements de Mai 1968, c’est le temps de la refondation. Le temps du « Nouveau parti socialiste ».

En 1969, les Congrès d’Alfortville et d’Issy-les-Moulineaux, sous l’égide d’Alain Savary, transforment la SFIO en Parti socialiste.

Le congrès historique d’Epinay, en juin 1971 voit l’avènement de François Mitterrand à la tête du Parti socialiste, mais surtout c’est celui qui ouvre la voie, avec le thème de « la rupture » au Programme commun adopté en 1972.

C’est à ce congrès que les socialistes adoptent pour la représentation des sensibilités, le vote à la proportionnelle.

Les congrès suivants marquent l’Histoire du PS. En 1973 à Grenoble, la motion finale s’intitule « Pour un socialisme libérateur, un parti socialiste responsable ».

En 1975, à Pau, le PS voulant être unitaire pour deux se dit prêt à appliquer le Programme commun en cas de rupture de l’Union de la gauche.

En 1977, les socialistes tiennent leur congrès à Nantes après la victoire historique aux municipales. C’est à ce congrès que Michel Rocard prononce son fameux discours sur « les deux cultures » qui existent dans la gauche française. A ce congrès, les socialistes adoptent l’hymne composé par Mikis Theodorakis et Herbert Pagani « Changer la vie ».

En 1979, le congrès de Metz est un congrès de tension entre les amis de Michel Rocard et ceux de François Mitterrand. Un affrontement sur la stratégie, les alliances : union de la gauche ou union des forces populaires ouverte aux syndicats et aux associations, invitation à revisiter la notion de rupture avec le capitalisme, prise de conscience du rôle de l’élection présidentielle… C’est à ce congrès que Laurent Fabius propose sa célèbre phrase : « entre le marché et le rationnement, il y a le socialisme ».

 

Les années 1980-90 : des Congrès pour gouverner.

 

Durant le premier septennat, c’est Lionel Jospin qui est désigné Premier secrétaire, jusqu’en 1990, renouvelé à ce poste à trois reprises par les militants.

Le congrès de Valence en 1981 pose la question de l’exercice du pouvoir. Il aboutit sous l’influence de Jean Poperen à la formule de « compromis social » au lieu de « rupture ».

En 1983, les socialistes se retrouvent à Bourg-en-Bresse où ils débattent de la politique économique alors que la rigueur est à l’ordre du jour.

Le congrès de Toulouse en 1985 est celui où le PS se convertit sans le dire à la social-démocratie. Il a tiré les conséquences de l’épreuve du pouvoir.

En 1987, à Lille, les socialistes refusent toute dérive centriste.

Les années 1990 verront  se succéder Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard et Henri Emmanuelli à la tête du parti.

Le Congrès de Rennes a marqué toutes les mémoires. Il est l’anti Epinay. Mais de ce congrès sans synthèse, qui est le première de l’après Guerre froide, émerge toutefois une nouvelle Déclaration de principes qui dit notamment que « le Parti socialiste met le réformisme au service des espérances révolutionnaires ».

Les congrès des années 90 sont des congrès de refondation. Celui de l’Arche adopte la nouvelle Déclaration de principes et il est resté comme un moment important de reformulation doctrinale.

A Bordeaux en 1992, le PS entérine son adhésion au Traité de Maastricht. Après la défaite aux élections législatives de 1993, le congrès du Bourget réforme profondément le fonctionnement du Parti.

En 1994, les socialistes tiennent leur Congrès à Liévin. C’est le moment où François Mitterrand leur fait ses « adieux » à distance.

En 1997, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, les socialistes retrouvent le pouvoir, et Lionel Jospin devient Premier ministre.  François Hollande devient Premier secrétaire en battant Jean-Luc Mélenchon au vote des militants lors du congrès de Brest.

A Grenoble en 2000, la synthèse s’impose. Lors du congrès de Dijon en 2003, après la cruelle défaite du 21 avril 2002, le PS adopte encore de nouvelles réformes de fonctionnement.

En 2005, au Mans, les socialistes tirent les conséquences du débat sur le Traité constitutionnel.

Le congrès de Reims qui intervient après une troisième défaite à la présidentielle voit l’élection de Martine Aubry qui relance un grand cycle de conventions pour renouveler le programme du PS alors qu’une nouvelle Déclaration de principes a été adoptée.

Ce travail aboutit à un renforcement du PS qui débouche sur le succès des Primaires citoyennes en 2011, la désignation de François Hollande et la victoire de la gauche en 2012.

Le 76e congrès se tient à Toulouse à l’automne 2012 avec l’élection d’Harlem Désir et au cœur des débats, la manière dont le PS, tirant les leçons de ses précédentes expériences au pouvoir doit réussir le quinquennat de François Hollande. La question qui est donc posée à Poitiers est sensiblement la même : « comment réussir la fin du Quinquennat ».

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